La marmite norvégienne

  • Objet de l’analyse : Fabrication et utilisation de la marmite norvégienne.

    Contexte : L’objectif « négawatts » lancé par les Amis de la Terre est de réduire de 50 % la consommation énergétique familiale. La marmite norvégienne permet un pas de plus vers ce but destiné à soulager notre planète des émissions de CO2 qui la surchauffent en économisant une
    partie de l’énergie consacrée à la cuisson des aliments.

    UNE MARMITE MAGIQUE
    Rappelez-vous : au stand « Économie d’énergie — Négawatts » du Salon de l’Eau et de l’Écologie à la Maison d’avril 2004 à Namur, la vedette était un cube d’environ ciMarmite_norvégienne (1)nquante centimètres de côté destiné à accueillir les casseroles bien avant la fin de la cuisson normale. La marmite norvégienne
    (car c’est elle !) fait le reste. Voici tous les petits secrets de fabrication et d’utilisation de cet ingénieux équipement. Cette lecture vous permettra de concrétiser une action « négawatts » de plus dans votre habitation ! Rappelons ici l’objectif « négawatts » lancé par les Amis de la Terre :
    réduire de 50 % la consommation énergétique familiale. La marmite norvégienne permet un pas de plus vers ce but destiné à soulager notre planète des émissions de CO2 qui la surchauffent. Comment ? En économisant une partie de l’énergie consacrée à la cuisson des aliments. Que vous
    cuisiniez à la maison chaque jour ou que cela ne soit le cas que pendant les week-ends ou les congés, cet accessoire, facile à réaliser, marquera votre volonté d’agir et de participer aux efforts collectifs destinés à limiter les dérèglements climatiques.

    COMMENT ÇA MARCHE ?
    Ce caisson bien isolé, notre marmite norvégienne, permet de conserver la chaleur emmagasinée dans la casserole lors de la première partie de la cuisson pour terminer la cuisson sans nouvel apport d’énergie. L’importante isolation du caisson ralentit fortement la baisse de la température, en
    agissant sur les trois modes de transmission de chaleur :

    1. la conduction (par contact) grâce à l’isolation de ses parois.
    2. la convection (par transfert à l’air) grâce à sa fermeture hermétique et à la limitation des espaces vides.
    3. le rayonnement grâce au réflecteur à infrarouge constitué par la fine couche métallisée interne qui renvoie la chaleur radiante dans le plat de cuisson.

    C’est un équipement « Négawatt » par excellence que vous pouvez réaliser très facilement chez vous. À l’utilisation, la marmite norvégienne conduit à une économie qui peut atteindre près de 50 % voire plus pour certains plats (cf. tableau ci-dessous) sur l’énergie de cuisson des aliments. La cuisson se faisant à une température un peu plus basse prend un peu plus de temps.

    À QUOI CELA RESSEMBLE ?
    C’est une caisse à parois isolantes où l’on place la casserole (cocotte, etc.) pour terminer la cuisson.

    La plus simple construction : une boîte en bois ou carton de taille suffisante tapissée sur toutes les parois d’un isolant souple comme une bonne grosse couverture de laine avec un couvercle
    isolant par dessus.

    Notre construction : une boîte en bois avec une isolation performante sur les 6 faces et 4 bonnes roulettes pour la déplacer aisément de la cuisine à la salle à manger et la glisser dans un coin ou sous une table, après usage.

    Plus élaborée encore : le caisson isolant peut-être intégré dans un meuble, par exemple une table de desserte, pour être toujours sous la main sans occuper un nouvel espace de l’habitation. La marmite norvégienne n’est pas à confondre avec un cuiseur solaire : celui-ci utilise exclusivement l’énergie solaire souvent concentrée par des miroirs pour produire la chaleur nécessaire à la cuisson des aliments. Il peut être employé pour griller également. Il est en usage de plus en plus dans les zones ensoleillées pauvres (Afrique, Amérique du Sud) vu l’autonomie énergétique qu’il apporte et sa simplicité d’utilisation. Mais c’est là, une autre histoire ?

    CHAMPIONNE DE LA CUISSON SANS ÉNERGIE
    Le principal atout de la marmite norvégienne, c’est l’économie d’énergie que son utilisation permet. Pour vous en convaincre, voici, ci-dessous quelques exemples de cuisson optimisée :
    Marmite_norvégienne (2)

    Quant au graphique ci-dessous, il compare la décroissance de la température dans la casserole utilisée pour ce test lorsqu’elle est à l’extérieur ou à l’intérieur de la marmite norvégienne.

    Marmite_norvégienne (3)

    ET BIEN D’AUTRES AVANTAGES ?
    Comme la température dans la marmite ne peut que baisser très lentement, les aliments ne risqueront jamais d’être brûlés ni de coller au fond de la casserole. Une cuisson en toute sécurité ! Dès que la marmite est dans le caisson, la surveillance n’est plus nécessaire, autant de temps récupéré pour autre chose ! Enfin, les aliments restent chauds très longtemps, ce qui est très pratique lorsque tout le monde ne mange pas en même temps. La marmite norvégienne joue aussi le rôle de réchauffe-plat gratuit !

    DÉMONSTRATION PRATIQUE !
    Nous avons construit une marmite norvégienne à partir d’un isolant écologique souple à base de cellulose de vieux papiers d’une épaisseur de 8 cm coincés entre la caisse extérieure en bois et un caisson interne plus mince. L’isolant est « ensaché » dans une feuille de polyéthylène afin d’éviter la
    dispersion des particules de l’isolant et la prise d’humidité. La conductivité thermique de cet isolant est équivalente à celle des isolants habituels : 0, 040 W/(m. °C).

    Les matériaux possibles pour le corps de la marmite sont le bois, le liège, le carton, une couverture en laine, de la paille, etc. Le principe est d’assurer une isolation maximum du contenu. Attention à certains matériaux expansés en matière plastique et à certaines colles synthétiques qui pourraient se dégrader dans ces conditions de température et d’humidité et émettre des produits nocifs. Préférez les matériaux naturels et de toute manière, faites un petit test si vous avez des doutes.

    Les matériaux

    Marmite_norvégienne (4)

     (*) Isolant souple : isolant constitué de papier recyclé (ressemblant à une grosse couverture de laine de
    verre). Glissé dans une enveloppe en plastique (afin de protéger la cellulose de l’humidité), il sert d’isolant
    dans les parois da la marmite norvégienne. Voir les entreprises spécialisées en bio-construction.

    Le coût à prévoir est fonction des matériaux utilisés, de la finition souhaitée et de ce qu’on peut récupérer comme matériel à la maison : au total, de quelques euros à plus de 100 euros. Pour la durée du travail nécessaire à la réalisation, compter pour un bon bricoleur environ une vingtaine
    d’heures de travail pour une « belle marmite norvégienne ».

    CONSEILS D’UTILISATION :
    Comme pour la cuisson habituelle, il faut l’adapter à ses habitudes alimentaires (bien cuit, à peine cuit, etc.). Pour le premier essai avec un nouvel aliment, un nouveau plat, nous vous conseillons de stopper la cuisson après environ un quart du temps habituel, puis de placer la casserole (ou
    cocotte) dans le caisson isolant et de la laisser le double du temps normalement nécessaire pour achever la cuisson.

    Par exemple, si la cuisson normale est de 20 minutes, avec la marmite norvégienne, cuisez pendant 5 minutes (20 minutes divisées par 4) et laissez dans le caisson pendant 30 minutes (15 minutes multipliées par 2). Petits tuyaux pour les utilisateurs : intercaler un sous-plat, en liège par exemple, entre la marmite et le fond du caisson et laisser le caisson ouvert quelques minutes après chaque utilisation pour évacuer la vapeur présente.

    ET POUR LES NON-BRICOLEURS ?
    Des contacts sont en cours pour trouver un partenaire intéressé par la construction de marmites norvégiennes afin de vous les proposer à un prix… raboté.

    MARMITE OU CUISEUR ?
    À côté de la marmite norvégienne, il existe un autre appareil souvent de forme similaire et également à vocation d’économie d’énergie : le cuiseur solaire. Il s’agit d’un caisson lui aussi bien isolé dans lequel on provoque une forte augmentation de la température grâce à la concentration
    des rayons solaires. Cette concentration est obtenue par l’utilisation de réflecteurs paraboliques. La chaleur, conduite dans le cuiseur, s’y accumule grâce à une isolation interne (par exemple une tôle de couleur noire) et peut atteindre jusque 170 °C !

    Différents types de préparation sont donc possibles, de la cuisson de légumes, poissons et viandes à la confection de pains ou de pâtisseries. Impossible, par contre, d’y faire chauffer suffisamment de l’huile ou autre corps gras pour réaliser des fritures. Facile à construire, autonome et bon marché, le cuiseur solaire est notamment utilisé dans le cadre de la coopération internationale entre associations. Ainsi BOLIVIA INTI, une ONG active en France, met sur pied des ateliers de fabrication de kits de cuiseurs solaires qui sont ensuite envoyés en Amérique du Sud pour aider des familles vivant dans les Andes et lutter contre la déforestation. Le cuiseur solaire offre en effet de multiples avantages pour des populations et des régions où la vie est rudimentaire et difficile. Il permet d’éviter la corvée de bois bien souvent dévolue aux femmes et aux enfants. Il offre un moyen commode d’obtenir de l’eau débarrassée de tout germe pathogène par la chaleur et participe ainsi à la lutte contre les pathologies transmises par des eaux douteuses.

    Facilement transportable, il s’utilise dans tous les milieux, ruraux ou urbains et ne nécessite aucun raccordement. Il convient aussi bien aux préparations familiales que collectives. À l’instar de la marmite norvégienne, le cuiseur solaire constitue un atout certain pour les particuliers et les collectivités qui souhaitent réduire leur consommation énergétique.

    date de rédaction finale : 6/07/2004
    ont participé à ce document : Ezio Gandin, Dominique Masset, Christian Steffens, Léon Dispa, Xavier Adam, Colette Marin, Claudine Liénard
    sources :
    La Maison écologique » n° 15 juin 2003, p. 35-38
    site : www.boliviainti.org

    La cuisson à l’étouffée
    La cuisson à l’étouffée consiste à placer une marmite dans un panier-cuiseur qui, bien isolé, lui permet de continuer à cuire une fois retirée du feu. C’est une méthode qui a plusieurs avantages :
    Marmite_norvégienne (5)• On utilise moins de bois.
    • Pendant que la marmite continue de cuire, on peut faire cuire autre chose sur le feu.
    • Le riz ou autre nourriture est cuit sans être brûlé.
    • Le panier n’est pas cher à fabriquer avec des matériaux locaux.
    • Elle maintient la nourriture au chaud pendant plusieurs heures.

    Servez-vous d’un panier solide de fabrication locale. Préparez une couche isolante pour le fond du panier, par exemple à l’aide de copeaux de bois, de restes de coton, de kapok ou d’enveloppes de maïs. Découpez un cercle (dans un tissu de coton ou dans du sac) un peu plus grand que la base du
    panier et cousez-le à sa place par-dessus les matériaux isolants. Découpez ensuite un autre morceau de coton ou de sac pour tapisser le tour du panier. Placez une couche de matériaux isolants tout autour et cousez votre doublure par-dessus.

    Confectionnez un grand coussin en coton ou en jute et placez-le sur le dessus du panier après l’avoir fourré de matériaux isolants. Préparez une pâte avec du fumier animal et appliquez-la sur toute la
    surface extérieure du panier afin qu’il conserve encore mieux sa chaleur.

    Mettez dans une marmite du riz, des légumes, de la soupe ou des haricots avec la quantité d’eau habituellement nécessaire à leur cuisson puis, après l’avoir fermée avec un couvercle bien étanche, placez-la sur le feu ou le fourneau. Lorsque la marmite bout, retirez-la du feu sans soulever le couvercle et placez-la dans le panier en la recouvrant du couvercle du panier et du coussin. Une ou deux heures plus tard, votre repas devrait être cuit. Pour les haricots secs qui mettent longtemps à cuire, vous pouvez remettre la marmite à bouillir sur le feu après qu’elle soit restée une heure dans le panier, puis la replacer, bouillante à nouveau, dans le panier jusqu’à la fin de la cuisson. Lorsque vous faites cuire la viande, il vaut mieux faire bouillir de nouveau la marmite avant de servir.

    Envoyé par Achiedo Sombo Daniel, ICA – C1, BP 119, Brobo, Côte d’Ivoire.  Adaptation de la marmite pour la cuisson à l’étouffée

    REAP au Kenya a adapté cette idée en utilisant des paniers de paille à anses et des marmites plus petites qui permettent de transporter plus facilement un repas chaud sur le lieu de travail (voir dessin à droite). Ces temps de cuisson sont imprimés à titre indicatif :

    Marmite_norvégienne (6)

    Marmite_norvégienne (7)

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  • Vos commentaires

    • martinette -

      Bonjour, vous auriez pu citer le blog http://marmite-norvegienne.com qui est une référence en la matière, et en tous cas plus actuel que ce vieux pdf avec son tableau de recettes farfelues (essayez de faire le boeuf bourguignon en 5 minutes d'ébullition...)

    Une réponse à “La marmite norvégienne”

    1. martinette dit :

      Bonjour, vous auriez pu citer le blog http://marmite-norvegienne.com qui est une référence en la matière, et en tous cas plus actuel que ce vieux pdf avec son tableau de recettes farfelues (essayez de faire le boeuf bourguignon en 5 minutes d’ébullition…)

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