Le potentiel de la permaculture

  • Je continue sur le thème “arrêter de tourner en rond” (voir précédent article ici) parce que c’est important, en ces temps particulièrement électriques.

    Ce qui nous fait tourner en rond, ce sont surtout nos pensées et nos croyances. Et quand on prend conscience qu’on s’est trompé pendant longtemps, cela fait déjà évoluer.

    Et vu l’état de notre monde actuel et de nos écosystèmes, et vers quoi on s’en va, si nous continuons à nous diriger à du 200 km/h tout droit dans un mur.. il est peut-être temps de remettre en question notre façon de penser et peut-être bien aussi nos certitudes!Le potentiel économique de la permaculture

    Nous, les humains, avons hélas tendance à toujours vouloir chercher les réponses et les solutions à l’extérieur de nous-même, parce que nous ne croyons pas en notre propre pouvoir.

    Chaque individu peut pourtant avoir accès à une grande sagesse et un pouvoir intérieur extraordinaire!

    Et nous avons la triste habitude de prendre pour vrai la parole de soi-disants “experts” qui, eux-même ont suivi de très longs programmes d’endoctrinements intensifs pour étudier la parole d’autres experts,sans avoir même jamais vérifié la véracité des conclusions des experts précédents!

    C’est une attitude dangereuse que de laisser les autres penser et même décider pour nous!

    Penses-tu vraiment que les autres savent mieux que toi ce qui est bon pour toi?

    Retirer le doute…

    Il semble que beaucoup doutent encore de l’efficacité d’une agriculture plus respectueuse, le débat actuel est toujours de savoir si une agriculture naturelle pourrait nourrir tous les habitants de la planète…

    Et d’ailleurs, si on écoute certains “experts”, souvent, ils ne “croient” même pas que ce soit possible de faire autrement.

    Ils n’arrivent tout simplement pas à imaginer un autre modèle que celui d’exploiter la terre et la nature, en créant des camps de concentration pour animaux ou en créant des déserts verts pour produire toujours les mêmes légumes en masse, en monoculture, ou avec des produits chimiques, et avec beaucoup de travail effectué par des machines hors de prix et qui consomment beaucoup d’énergies…

    Et pourtant… De nombreuses personnes affirment que nous pourrions très bien nourrir encore plus d’habitants (qu’il y a déjà actuellement sur la planète) si nous arrêtions de délirer en détruisant la terre (et toutes formes de vie en général), et si nous transformions toutes surfaces cultivables avec une nouvelle façon d’envisager notre environnement!

    Les idées véhiculées par la permaculture par exemple apportent un espoir! Une opportunité de faire mieux nous est offerte.

    Nous pouvons re-créer des espaces comestibles et utiles un peu partout, en recherchant une réelle efficacité énergétique, en comparaison avec les techniques conventionnelles et même “bio”!

    resultat d'une étude sur la rentabilité de la permacultureJe remets ici un chiffre éloquent…

    En agriculture conventionnelle, il faut apporter 19 calories (main d’oeuvre, machines, engrais, transports…) pour en produire une seule!
    Avec les techniques inspirées de la permaculture, dans un jardin installé, il faudra apporterseulement une calorie pour en produire 19! (Voir la définition de la permaculture de Eric Escoffier ici)

    Il y a même un dossier qui relate une étude qui a été menée (avec des “experts” :-)) sur la viabilité économique des pratiques basées sur la permaculture:

    1000 m² cultivés en maraîchage bio permaculturel permettraient de créer une activité à temps plein!

    Oui, vous avez bien lu! 1000 m2 (de surfaces cultivables!)

    Les principes qui guident les méthodes de production mises en œuvre forment ce qui a été baptisé
    « méthode de la Ferme du Bec Hellouin », consultable sur le site Internet de la Ferme.

    Le souci avec cette étude, c’est qu’elle est contestable et contestée par de nombreux détracteurs, parce qu’on peut parler de maraîchage intensif inspiré de la permaculture, mais est-ce vraiment encore de la « permaculture » qui serait soutenable si nous manquions de pétrole?
    Et puis la « permaculture« , c’est bien plus vaste que du simple maraîchage aussi!

    Les points forts de cette étude:

    • La culture d’une petite surface peut être très rentable

    • La quasi absence de mécanisation du travail, les interventions se faisant essentiellement manuellement

    • L’intensification de la production sur la dite surface

    • Le tout sur un site créé en s’inspirant des principes de la permaculture, principes susceptibles de mener à la création de lieux très divers

    http://www.terraeco.net/IMG/pdf/Etude_marai_chage_permaculturel_-_Rapport_interme_diaire_2013-1.pdf

    (lien issu de cet article)

    • Cette étude permet de faire avancer les débats et les réflexions sur le sujet, et pour savoir vers quelle agriculture cohérente nous voudrions nous rapprocher, mettre en place et pratique dès maintenant et pour l’avenir.

    Les points faibles de cette étude:

    C’est peut-être un peu trop beau pour être vrai…

    Bon, avec l’habitude de ces affirmations à grands coups de marketing, et en plus provenant de Français, pour se rapprocher de la vérité, on peut diviser par 2! (hahaha, sans rancune, chers amis français! juste pour rire mais pas toujours si faux…)

    – Préférable d’avoir un peu plus que 1000 m2 de surfaces cultivables:

    Il faut déjà compter 2000 m2 au minimum avec les chemins, accès et intendances, rangements etc, donc pour être sûr, comptez qu’il faut au moins 3000 m2 en tout!

    – Une personne seule? Vraiment?
    Une personne pourrait s’en occuper seule, mais elle aurait certainement besoin d’aides ponctuelles mzis régulières lors des plantations et des récoltes par exemple, sinon je crois que c’est vraiment très difficile tout seul! Surtout si on doit aussi faire les paniers pour les clients et en plus savoir les vendre! Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir tout faire en même temps, et encore avoir du temps pour pouvoir respirer un peu et dormir!?

    Et l’empreinte écologique dans tout ça?

    C’est quand même un facteur qu’il faut prendre en compte dans tout ça, surtout si on veut se revendiquer d’une certaine « permaculture », en tant qu’agriculture permanente ou « perma-culture » comme le suggère Christophe Gatineau.

    Les apports et intrants extérieurs sont importants à connaître pour vraiment connaître l’impact de notre façon de cultiver.

    La quête du permaculteur devrait être éventuellement une perpétuelle recherche de bon sens pérenne, d’une façon de faire adaptée à la situation, et durable pour maintenant et pour les générations futures…

    Je pourrais par exemple remettre en cause le fait d’importer du fumier sur mon terrain (transports), ou des copeaux de BRF (transports et/ou grosses machines)…Ou le fait d’acheter des plants et des graines dans le commerce?
    Est-ce bien nécessaire? Pourrions-nous continuer cela si nous n’avions plus accès au pétrole facile et pas cher? Ne pourrions-nous pas faire autrement?

    Conclusion

    Alors pour revenir à ce que je disais au début de cet article, on peut encore tergiverser longtemps sur l’avis des “experts”, et d’études, mais pour moi, il faut avant tout vérifier l’information et voir si elle est valable pour moi.

    Avant tout, il faut pratiquer, et tester pour savoir de quoi il en retourne!

    Nous sommes remplis de concepts mentaux qui n’ont rien à voir avec le réel.

    Se rapprocher de l'abondance avec la permacultureEt je ne jette la pierre à personne, cela m’arrive aussi en permanence de me rendre compte que ce en quoi j’avais cru pendant si longtemps était tout simplement faux, ou plus du tout adapté à ma situation présente.

    Nous faisons et ferons encore des erreurs, et c’est cela qui nous fait avancer, c’est un cadeau en fait!

    Mais il faut aussi bien vouloir abaisser sa garde et reconnaître quand on a fait des erreurs. Il n’y a aucun mal à cela et aucune culpabilité à développer!

    Le seul mal serait de perpétuer cette erreur alors qu’au fond, on sait qu’il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond! Mais parfois, notre petite personne rencontre des difficultés à reconnaître qu’il se trompe…

    Cultiver la terre et en récolter des fruits n’est pas toujours chose simple…

    Il ne suffit pas de…connaître de la théorie et des concepts mentaux.

    L’art de cultiver est un art qui s’apprend au fils des expériences, et avec de la persévérance. Hélas, tout ne s’apprend pas en 72h à un stage de permaculture!

    Allons donc jouer à pratiquer, expérimenter, et produire des récoltes. Oui, c’est possible!

    Il est possible de se passer des supermarchés, et éviter d’ingérer ces aliments qui peuvent devenir dangereux pour la santé!

    Mais pour cela, nous devons être très nombreux à re-cultiver nos terres, pour nous nourrir avec des produits sains, tout en améliorant toujours un peu plus notre environnement!

    Nous pouvons essayer, c’est le premier pas…

    Et un jour peut-être, de plus en plus parmi nous découvrir leur propre « art de cultiver » qui sommeillait en eux.

    L’important avec la permaculture, c’est surtout aussi de penser à se diversifier pour les sources de revenus. Arrêtons de ne penser qu’à un seul type de produit ou service.
    Plus les sources de revenus de votre projet seront diversifiées, plus votre projet sera viable et stable!

    Le débat est ouvert sur notre réseauOn pourrait encore en parler pendant des heures et des heures… Nous pouvons continuer à le faire sur Permaculteurs.com…

    Alors, si vous voulez ajouter quelque chose, faites-le via les commentaires, ou alors créez simplement un nouvel article ici pour lancer un sujet!

    La « permaculture » est encore en gestation en francophonie, à nous de définir ce qu’elle signifie pour nous…

     

     

     

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    Passionné par la permaculture sous toutes ses formes, avec le but de réunir et améliorer nos expériences et connaissances tous ensemble... Cela pour nous aider à apprendre et à accomplir nos designs du mieux possible.

  • Vos commentaires

    • Christophe G -

      Bonjour Permeric,

      Comme tu fais référence à cette micro-ferme en perma-culture qui fait débat en France par ses gros rendements sur 1000 m2,
      un article publié il y a quelques jours dans Lutopik, mentionne qu'au départ le sol a été fertilisée par un apport de 1000 tonnes de compost !

      On imagine le nombre de camions, de semi-remorques, de pelleteuses, de bulldozers, et les milliers de litres de pétrole brûlés…

      Et chaque année, 50 nouvelles tonnes sont injectées dans les buttes…

      A ton avis, est-ce encore de la permaculture ?

    • Fabrice

      Fabrice -

      Avez vous vraiment lu l'étude du Bec Hellouin??? Non parce-que il y a d'un coté l'étude sur 1000m2 net de culture allées comprises qui à été faite pour évaluer les rendements au m2 et mettre au point des "méthodes".
      le rapport intermédiaire est ici (oui l'étude est en cours) :
      http://www.fermedubec.com/ecocentre/Etude%20mara%C3%AEchage%20permaculturel%20-%20Rapport%20interm%C3%A9diaire%202013.pdf

      Puis il y a la modélisation d'une micro-ferme sur 1 ha mini (idéalement 2ha je crois)…
      vidéo ici :
      https://www.youtube.com/watch?v=LZVkPsfYKew

      Quant aux 1000 tonnes de compost il me semble que c'est se qu'ils préconisent comme limite maximum à l'hectare! pour la mise en place de leurs différentes méthodes culturales en fonction du terrain, pour la suite c'est la manière de cultiver qui fera qu'il faut amender ou non (toujours d'après eux).

      il faut aussi noter que cette étude au demeurant la plus crédible et la plus complète du genre, à été calomnié et déformé par un certain nombre de pseudo-médias puis relayé par des gens qui ne vérifient pas leurs sources.
      Pourquoi??? Lobbyistes zélés, jaloux?

    2 réponses à “Le potentiel de la permaculture”

    1. Christophe G dit :

      Bonjour Permeric,

      Comme tu fais référence à cette micro-ferme en perma-culture qui fait débat en France par ses gros rendements sur 1000 m2,
      un article publié il y a quelques jours dans Lutopik, mentionne qu’au départ le sol a été fertilisée par un apport de 1000 tonnes de compost !

      On imagine le nombre de camions, de semi-remorques, de pelleteuses, de bulldozers, et les milliers de litres de pétrole brûlés…

      Et chaque année, 50 nouvelles tonnes sont injectées dans les buttes…

      A ton avis, est-ce encore de la permaculture ?

    2. Fabrice Fabrice dit :

      Avez vous vraiment lu l’étude du Bec Hellouin??? Non parce-que il y a d’un coté l’étude sur 1000m2 net de culture allées comprises qui à été faite pour évaluer les rendements au m2 et mettre au point des « méthodes ».
      le rapport intermédiaire est ici (oui l’étude est en cours) :
      http://www.fermedubec.com/ecocentre/Etude%20mara%C3%AEchage%20permaculturel%20-%20Rapport%20interm%C3%A9diaire%202013.pdf

      Puis il y a la modélisation d’une micro-ferme sur 1 ha mini (idéalement 2ha je crois)…
      vidéo ici :
      https://www.youtube.com/watch?v=LZVkPsfYKew

      Quant aux 1000 tonnes de compost il me semble que c’est se qu’ils préconisent comme limite maximum à l’hectare! pour la mise en place de leurs différentes méthodes culturales en fonction du terrain, pour la suite c’est la manière de cultiver qui fera qu’il faut amender ou non (toujours d’après eux).

      il faut aussi noter que cette étude au demeurant la plus crédible et la plus complète du genre, à été calomnié et déformé par un certain nombre de pseudo-médias puis relayé par des gens qui ne vérifient pas leurs sources.
      Pourquoi??? Lobbyistes zélés, jaloux?

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